La commande Unix du Vendredi soir : pwd
Quand vous vous perdez en naviguant dans Terminal
Vous venez de lancer Terminal, vous clickez à quelques reprises sur des dossiers, vous exécutez des commandes, et soudain : panique subtile. Vous ne savez plus exactement dans quel dossier vous êtes. Les chemins d’accès s’empilent, les répertoires ressemblent tous à « Applications » ou « Documents », et vous vous demandez si la prochaine commande rm va vraiment supprimer ce que vous croyez supprimer.
C’est là que la commande pwd devient votre meilleure amie. C’est simple, c’est puissant, et c’est la première chose que tout utilisateur de Terminal doit maîtriser. Parce que avant de faire quoi que ce soit en Terminal, vous devez savoir où vous êtes. Pas une supposition. Pas une approximation. La vérité absolue du chemin où vous vous trouvez en ce moment même.
Avant tout : comprendre le concept du répertoire courant
Quand vous ouvrez Terminal sur macOS, vous démarrez toujours quelque part. Ce « quelque part » s’appelle le répertoire courant (ou répertoire de travail, ou working directory en anglais). C’est le dossier dans lequel Terminal fonctionne actuellement. Quand vous créez un fichier, le modifiez, ou listez des contenus, Terminal fait tout cela dans ce répertoire.
La confusion commence quand vous naviguez entre plusieurs dossiers avec la commande cd (que nous verrons à la semaine 4). Vous montez un niveau, descendez dans un sous-dossier, et rapidement vous oubliez où vous êtes. pwd répond immédiatement à cette question : où êtes-vous vraiment ?
Savoir où vous êtes : la commande pwd expliquée simplement
pwd signifie Print Working Directory (afficher le répertoire courant). C’est tout ce qu’elle fait : elle affiche le chemin complet du dossier dans lequel vous vous trouvez, du début à la fin.
Syntaxe basique
pwd
C’est aussi simple. Pas d’option obligatoire, pas de paramètre complexe. Vous tapez pwd, vous appuyez sur Entrée, et Terminal vous dit exactement où vous êtes.
Options les plus utiles
Bien que pwd soit déjà puissante seule, deux options peuvent parfois être utiles :
pwd -L
(logical)
Affiche le chemin logique, en tenant compte des liens symboliques (raccourcis). Si vous êtes dans un dossier qui est en réalité un raccourci vers un autre, pwd -L affichera le chemin du raccourci lui-même.
pwd -P
(physical)
Affiche le chemin physique réel, en résolvant tous les liens symboliques. C’est le chemin exact de votre emplacement sur le disque, sans raccourcis.
En pratique, 99% du temps, vous utiliserez simplement pwd sans option. Les options -L et -P ne sont utiles que si vous travaillez activement avec des liens symboliques (ce qui est assez rare pour les utilisateurs macOS débutants).
Exemples pratiques : voir pwd en action
Vous ouvrez Terminal
pwd
Résultat typique :
/Users/henrido
Cela signifie que vous êtes dans le dossier personnel de l’utilisateur « henrido ». C’est l’endroit par défaut où Terminal vous place quand vous lancez l’application.
Vous naviguez dans le dossier Applications
Imaginons que vous avez exécuté cette commande :
cd /Applications
pwd
Résultat :
/Applications
Vous êtes maintenant dans le dossier Applications de votre Mac, où vivent toutes vos applications installées.
Vous creusez profondément dans votre structure
Vous naviguez comme ceci :
cd ~/Documents/Projets/Mon_Site_Web/assets/images
pwd
Résultat :
/Users/henrido/Documents/Projets/Mon_Site_Web/assets/images
Là, vous voyez le chemin complet. Cela signifie que vous êtes à 5 niveaux de profondeur dans votre structure de dossiers. Et à partir de là, si vous créez un fichier, il sera créé dans ce dossier images spécifique.
Vérifier rapidement avant d’exécuter une commande dangereuse
Avant de supprimer des fichiers (avec rm, que nous verrons à la semaine 8), c’est une excellente habitude de taper pwd d’abord pour confirmer que vous êtes dans le bon répertoire.
pwd
# Vérifiez que le résultat est bien le dossier où vous voulez supprimer des fichiers
# Puis exécutez votre commande rm
rm ancien_fichier.txt
Quand pwd devient crucial : le cas du lien symbolique
Les liens symboliques (ou symlinks) sont des raccourcis spéciaux sur macOS. Imaginons que vous avez un dossier réel qui s’appelle /Volumes/MonDisqueDur/Archives et vous créez un lien symbolique vers celui-ci dans votre dossier personnel sous le nom Archives_Symlink.
Si vous naviguez vers ce lien symbolique et que vous exécutez :
pwd
Vous obtenez :
/Users/henrido/Archives_Symlink
Mais si vous voulez savoir où ce lien pointe réellement, vous utilisez :
pwd -P
Vous obtenez :
/Volumes/MonDisqueDur/Archives
C’est la différence cruciale. Pour la plupart des utilisateurs, cette distinction ne revêt que peu d’importance. Mais si vous travaillez avec des dossiers partagés en réseau ou des disques externes, c’est bon de savoir.
Une habitude simple qui vous sauve
pwd est peut-être la commande la plus simple que vous apprendrez. Mais c’est aussi une des plus importantes. Elle vous protège contre les erreurs coûteuses. Elle vous ancre dans la réalité de votre système de fichiers. Et elle prend exactement deux secondes à exécuter.
Faites-en une habitude : avant de faire quelque chose d’important en Terminal, tapez pwd. Confirmez que vous êtes où vous pensez être. Puis continuez avec confiance. C’est une petite pause qui vous épargne des heures de débogage frustrant.
Prêt pour la semaine 3 ? Nous allons découvrir ls, la commande pour lister le contenu du dossier dans lequel vous êtes grâce à pwd.
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