
Notre commande Unix du Vendredi soir : pwd
Vous ouvrez le Terminal sur votre Mac. Vous tapez quelques commandes, vous entrez dans un dossier, puis dans un autre. Et soudain, la question surgit : mais où suis-je en ce moment ?
C’est une situation que tout utilisateur du Terminal a vécue, qu’il soit débutant ou non. Le Terminal n’affiche pas de barre d’adresse comme le Finder. Il n’y a pas d’icônes pour vous indiquer votre position. Vous vous déplacez dans l’arborescence de votre Mac en tapant des commandes, et il suffit de quelques changements de dossier pour perdre le fil.
La commande pwd répond à cette question avec une précision absolue. Elle affiche en une fraction de seconde le chemin complet du dossier dans lequel vous travaillez. Un chemin absolu, qui part de la racine du disque et mène jusqu’à votre position actuelle.
pwd est l’équivalent numérique de la question « à quelle adresse sommes-nous ? ». Elle est gratuite, instantanée, et n’a aucun effet sur votre système. C’est la boussole du Terminal.
Que vous soyez en train de préparer un script d’automatisation, d’organiser vos fichiers de projet ou simplement d’apprendre à naviguer dans macOS depuis la ligne de commande, pwd est le point de départ logique de toute session rigoureuse.
Dans ce guide, vous allez comprendre comment elle fonctionne, découvrir ses deux options et apprendre à l’utiliser dans des situations concrètes et quotidiennes sur un Mac.
pwd : l’adresse postale de votre session Terminal
pwd est l’abréviation de print working directory, ce qui se traduit mot à mot par « afficher le répertoire de travail courant ». Cette commande est l’une des plus anciennes du système Unix, dont macOS est directement issu. Elle est présente dans la norme POSIX, ce qui garantit son fonctionnement identique sur tous les systèmes conformes à ce standard, macOS inclus.
Ce qu’elle fait concrètement :
Quand vous naviguez dans le Terminal, vous vous situez toujours à un endroit précis de l’arborescence de fichiers de votre Mac. Cet emplacement s’appelle le répertoire courant ou répertoire de travail. La commande pwd l’affiche sous la forme d’un chemin absolu.
Un chemin absolu commence toujours par le symbole /, qui représente la racine du disque dur. Chaque dossier est séparé du suivant par un /.
Syntaxe de base :
pwd
Lorsque vous tapez pwd et appuyez sur Entrée dans une fenêtre Terminal fraîchement ouverte sur votre Mac, vous obtenez une réponse de ce type :
/Users/henrido
Cela signifie que vous êtes dans le dossier personnel de l’utilisateur henrido, situé dans le dossier Users à la racine du système.
Les deux options de la commande :
La commande pwd accepte deux options définies par la norme POSIX.
pwd -L
L’option -L signifie logical (logique). Elle affiche le chemin tel que vous l’avez parcouru, en respectant les liens symboliques s’ils existent dans votre itinéraire. C’est le comportement par défaut sur macOS lorsque vous tapez pwd sans option.
pwd -P
L’option -P signifie physical (physique). Elle résout tous les liens symboliques présents dans le chemin et affiche la localisation réelle du dossier sur le disque.
Dans la très grande majorité des situations courantes, pwd sans aucune option est tout ce dont vous avez besoin. Les options -L et -P deviennent utiles dans des contextes techniques plus précis, abordés dans la section suivante.
Trois situations réelles où pwd change tout
Situation 1 : Vérifier sa position avant une commande sensible
Vous travaillez sur votre MacBook Pro avec plusieurs fenêtres Terminal ouvertes. Dans l’une d’elles, vous préparez une commande de suppression ou de déplacement de fichiers. Avant d’appuyer sur Entrée, prenez l’habitude systématique de vérifier votre position :
pwd
Si le Terminal affiche /Users/henrido/Documents/Projets/Blog, vous êtes au bon endroit. Si la réponse est différente de ce que vous attendiez, vous venez peut-être d’éviter une erreur difficile à corriger.
Cette pratique, aussi simple qu’elle paraisse, est un réflexe professionnel. Elle coûte une seconde et peut épargner plusieurs minutes de récupération de fichiers déplacés par erreur.
Il est recommandé d’illustrer ce point avec une capture d’écran du Terminal affichant le résultat de pwd avant l’exécution d’une commande rm.
Situation 2 : Retrouver son chemin dans un projet en cours
Vous utilisez Xcode sur votre Mac pour un projet d’application. Vous naviguez dans les dossiers depuis le Terminal pour exécuter des scripts de compilation ou de test. Après plusieurs cd, vous avez perdu le fil.
Tapez simplement :
pwd
Vous obtenez immédiatement la réponse :
/Users/henrido/Developer/MonApplication/Sources/Utilities
Vous pouvez maintenant copier ce chemin pour l’utiliser dans un fichier de configuration, un Makefile ou pour le communiquer à un collègue qui cherche à localiser un fichier précis dans le projet.
Situation 3 : Confirmer le répertoire de départ d’une nouvelle session
Lorsque vous ouvrez une nouvelle fenêtre Terminal sur macOS, le répertoire courant par défaut est votre dossier personnel. Ce comportement peut être modifié par des profils Terminal ou des configurations personnalisées dans les préférences de l’application Terminal.
Pour confirmer ce point de départ, tapez pwd immédiatement après l’ouverture de la fenêtre :
pwd
La réponse attendue est :
/Users/henrido
Si vous obtenez un chemin différent, votre configuration Terminal a peut-être défini un répertoire de démarrage personnalisé. C’est une information utile à connaître pour éviter toute confusion lors de la session.
Deux usages avancés pour aller plus loin
Capturer le répertoire courant dans une variable shell
L’une des utilisations les plus puissantes de pwd consiste à stocker son résultat dans une variable pour l’exploiter dans un script shell. Cette technique est courante dans les scripts d’automatisation sur macOS.
dossier_depart=$(pwd)
Une fois cette ligne exécutée, la variable dossier_depart contient le chemin absolu de votre répertoire actuel. Vous pouvez ensuite naviguer librement dans d’autres dossiers pour y effectuer des opérations, puis revenir à votre point d’origine :
cd /var/log
… opérations dans /var/log …
cd "$dossier_depart"
Pour afficher la valeur stockée à tout moment :
echo "Répertoire d'origine : $dossier_depart"
Le Terminal affiche alors :
Répertoire d'origine : /Users/henrido/Documents/Projets/Blog
Cette technique est particulièrement utile dans les scripts de sauvegarde ou de déploiement, où il est nécessaire de revenir à un répertoire de référence après avoir parcouru plusieurs dossiers différents.
Comprendre la différence entre -L et -P avec /tmp
macOS utilise des liens symboliques dans certaines parties de son système de fichiers. Le dossier /tmp, par exemple, est un lien symbolique qui pointe en réalité vers /private/tmp. Cette distinction est invisible au quotidien, mais elle devient significative lorsque vous travaillez sur des scripts système.
Naviguez vers /tmp :
cd /tmp
Exécutez les deux variantes de pwd :
pwd -L
Résultat :
/tmp
pwd -P
Résultat :
/private/tmp
L’option -L respecte le lien symbolique et affiche le chemin que vous avez parcouru. L’option -P résout le lien et affiche la localisation physique réelle sur le disque.
Cette distinction est importante pour les scripts qui manipulent des fichiers temporaires ou qui doivent interagir avec des outils qui ne comprennent pas les liens symboliques.
Copier instantanément le chemin courant avec pbcopy
macOS intègre la commande pbcopy, qui copie du texte directement dans le presse-papiers du système. Combinez-la avec pwd via un pipe pour copier votre position actuelle en une seule commande :
pwd | pbcopy
Le résultat de pwd est immédiatement disponible dans le presse-papiers. Vous pouvez le coller dans le Finder avec Aller > Aller au dossier (Maj+Cmd+G), dans une application comme TextEdit, BBEdit ou VS Code, ou dans n’importe quel champ de formulaire.
Un repère discret qui structure chaque session Terminal
pwd n’est pas une commande spectaculaire. Elle ne crée pas de fichiers, ne modifie rien et ne produit aucun effet sur votre système. Et c’est précisément pour cela qu’elle est irremplaçable.
Dans un environnement sans interface graphique, savoir où l’on se trouve est une condition préalable à toute action efficace. pwd répond à cette exigence avec une économie de moyen remarquable : une commande de trois lettres, une ligne de résultat, une certitude absolue.
Intégrez pwd à vos réflexes Terminal. Tapez-la en début de session, avant chaque commande sensible, lors de chaque doute. Avec le temps, ce geste deviendra automatique, comme regarder l’adresse d’un immeuble avant d’y entrer.
La prochaine commande de cette série est ls et ls -la. Vous venez d’apprendre à savoir où vous êtes. La semaine prochaine, vous apprendrez à voir ce qui vous entoure.
Vous avez une question, une idée ou une remarque ? Je serai ravi de vous lire ! ✉️ henrido@hdrapin.com
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